Comment servir la fraternité en cas de Coronavirus ?

Nous sommes en train de vivre des moments difficiles. Ils le seront bien davantage dans les prochains jours. Il n’y a plus de place pour l’insouciance. 

Au Secours catholique, nous avons entendu la parole de l’Etat depuis des semaines. Elle repose sur celle des scientifiques qui nous disent que nous sommes face à une catastrophe sanitaire qui va mettre sur le tapis des quantités de vies humaines. Comme chaque fois, les plus démunis, qui sont la préoccupation permanente du Secours catholique, seront touchés de plein fouet.

Nous avons appliqué à la lettre les recommandations puis les consignes des pouvoirs publics. Nous continuerons à le faire pour apporter notre contribution à l’endiguement de l’épidémie. Même si les mesures que nous devons appliquer sont pour nous un crève-cœur.

« Mais le pauvre n’est pas oublié pour toujours ; jamais ne périt l’espoir des malheureux. »

                                                                                                                Psaume 9

C’est, en effet, un vrai crève-cœur que de devoir fermer les locaux du Secours catholique comme nous l’avons fait samedi 14 mars après les annonces du premier ministre. C’est un crève-cœur que de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les petits-déjeuners fraternels de Pamiers, Lavelanet, Tarascon-sur-Ariège, les Tables ouvertes de Lavelanet, les boutiques solidaires de vêtements de Saint-Girons, Foix, Tarascon-sur-Ariège, Mirepoix, les groupes de parole, les réunions de la Fraternité Saint-Laurent. 

C’est pour nous un crève-cœur parce que nous savons quel est l’impact positif de la fraternité vécue dans ces lieux sur de nombreuses personnes. Une d’entre elles me disait au mois d’Octobre : le local est pour moi un « recueil » (traduire par « un sanctuaire » ou « un lieu protégé ») grâce auquel je ne pense plus à mes galères. Il fallait voir, lundi dernier, les yeux de F… devant le petit-déjeuner qui lui était proposé avec délicatesse dans le local de Pamiers. « Cela fait du bien », disait-il. 

Membres du Secours catholique, nous sommes témoins des retours à la confiance en la vie que connaissent beaucoup de personnes grâce à la fraternité vécue au Secours catholique.

Désormais et pendant que durera ce temps de confinement, beaucoup d’entre elles vont en pâtir. 

Qu’allons-nous faire ? 
  • Nous imaginons qu’entre autres la frange de la population qui ne touche pas le R.S.A. et vit de la « manche » doit, en l’absence du droit intégral d’aller et venir dans les rues, se trouver complètement démunie. Le président de la République a reconnu, lundi soir, la mission des associations qui, comme la nôtre, sont au plus près des gens démunis et nous appelle à participer notamment à la distribution de biens de première nécessité. Et que dire, comme vient de le faire remarquer Véronique Fayet, présidente du Secours catholique dans une lettre au premier ministre, des services de première nécessité que sont la possibilité de recharger son portable, de se doucher, d’accéder aux services de l’Etat pour pouvoir accéder aux allocations de première nécessité ? 

Pour l’heure, les modalités de l’aide que nous sommes en mesure d’apporter ne sont nullement encadrées. Nous sommes dans l’attente de la réponse des pouvoirs publics dont nous espérons qu’elle ne tardera pas. Jean Rhodain, fondateur du Secours Catholique, disait « charité n’a pas d’heure ».

  • Nous avons laissé sur les affichettes qui annoncent la fermeture de nos locaux des numéros de téléphone en cas d’urgence. Le téléphone, cet instrument qui est comme la « langue » – la meilleure et la pire des choses – servira à entretenir des relations. Il permettra de sortir de l’isolement les nombreuses personnes que nous connaissons et nous-mêmes. Le téléphone peut être un excellent fortifiant à condition de l’utiliser pour rappeler, en permanence, que le verre est à moitié plein et non à moitié vide.

 

  • Il y aura aussi, ça et là, des gestes de solidarité qui resteront discrets.

 

  • N’oublions pas la prière. Le Secours catholique est un service d’Eglise. Pour beaucoup, l’action se nourrit dans la prière, ce dialogue avec Dieu. Un dialogue qui vivifie et sauve. Un lieu où naît la communion. Elle a une force insoupçonnée.

 

Il reviendra le temps des beaux jours et des embrassades. Nous sommes aujourd’hui dans le temps des plaies. D’ores et déjà essayons d’être dignes. Comme disait jadis le professeur Robert Debré : que chacun mesure « l’honneur d’être un Homme ». 

 

Pierre Assémat, Secours catholique, vice-président Ariège Garonne

          Avec Véronique Nardizzi, animatrice du territoire Ariège

 

 

Des numéros de téléphone :

Pierre : 06 70 48 98 67

Véronique : 06 07 99 39 63

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