14 janvier 2018: Journée mondiale du migrant et du réfugié

par | 11/12/2017

 

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Contact Pastorale des Migrants (Ariège) : Marie-Thérèse Eychenne – Tél. 0685 568 628

Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer

Éditorial de Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes.

La diversité des témoignages montre bien que l’accueil est seulement le premier pas dans un processus plus large. Il s’agit « d’accueillir» mais aussi de «protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés », comme le rappelle le message du Pape pour la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 14 janvier 2018. En beaucoup d’endroits, les initiatives mises en place ont permis aux migrants d’avoir un toit et de se sentir enfin en sécurité. Les propos d’un père de famille syrien – accueilli via les couloirs humanitaires – l’attestent : « C’est la première fois depuis sept ans que nous pouvons dormir sans peur. »
La mobilisation pour un hébergement et des conditions de vie dignes s’est accompagnée de l’organisation de cours de français, de la scolarisation des enfants, de liens établis avec les clubs de sport, de soirées conviviales ou encore de sorties culturelles pour connaître la région d’accueil et se familiariser avec sa culture.
Ces initiatives et de nombreuses autres intuitions ont créé un lien social parmi les autochtones, notamment dans le monde rural, en réunissant autour d’un même projet des personnes qui ne se côtoyaient pas forcément dans la vie quotidienne. Cette solidarité envers les migrants a bien sûr suscité un esprit de vie fraternelle entre autochtones et étrangers accueillis. De nombreuses actions ont montré l’intérêt et les bienfaits des petits projets, initiés par quelques personnes pour un petit nombre de réfugiés accueillis. Ces microprojets ont favorisé une rencontre significative entre les personnes au plan humain et parfois au plan spirituel.
Un nouvel ordre international fondé sur la charité
L’Église s’est mobilisée pour tous les migrants, quelle que soit leur religion. Parmi ces frères et sœurs accueillis, les chrétiens représentent une minorité, mais une minorité riche de ses particularités, non seulement ethniques, linguistiques, mais aussi rituelles, car la plupart des migrants chrétiens appartiennent à d’autres confessions ou sont des catholiques de rite melkite, maronite… C’est une chance pour notre Église en France, car les chrétiens qui ont grandi dans d’autres cultures que la nôtre apportent leur contribution à notre annonce de l’Évangile (cf. La joie de l’Évangile, n° 116).
Quant à nos frères et sœurs d’autres religions, notamment les musulmans, notons qu’ils se dirigent vers l’Europe, continent héritier de la tradition chrétienne. Ce phénomène migratoire, dont les principales causes sont la pauvreté et la guerre, constitue bien sûr un grand défi pour notre Église aujourd’hui. Ne manquons pas le rendez-vous de la charité, tout en respectant le travail de nos partenaires de la société civile et de l’État. Ne minimisons pas les difficultés que cela représente pour nos gouvernants et gardons-nous de donner des leçons de morale. Toutes ces initiatives ont permis que l’accueil et la rencontre tracent un chemin pour avancer ensemble dans une diversité réconciliée. La dignité de chaque personne et la richesse de chaque culture sont reconnues.
Dans Politique et société (entretiens avec Dominique Wolton, éditions de l’Observatoire), le pape François croit que l’Europe est capable d’intégrer les personnes accueillies. Il nous rappelle que, au plan existentiel, du fait de notre foi, nous sommes tous des migrants et qu’avant le droit d’émigrer, il y a le droit de ne pas émigrer, dont parlait le pape émérite Benoît XVI. Pour cela, il faut trouver dans les pays de migration des sources de création d’emploi et savoir y investir. Le Pape l’a répété aux Nations unies et au Conseil de l’Europe.
Le phénomène migratoire d’une grande ampleur auquel nous assis- tons de nos jours donne une mission à l’Europe qui a déjà relevé tant de défis. Le Pape parle de sa situation démographique catastrophique et nous avertit : «L’Europe peut perdre le sens de sa culture, de sa tradition. Pensons que c’est le seul continent à nous avoir donné une aussi grande richesse culturelle. L’Europe se retrouvera en retournant à ses racines et en cessant d’avoir peur de devenir l’Europe mère. » Ainsi le phénomène migratoire invite l’Europe à la grandeur d’âme. Relevons le défi que l’ordre international demain repose non sur la conquête mais sur la charité !

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