Un autre monde est possible.

Un autre monde est possible.

Lors de la dernière assemblée des évêques, à Lourdes, nous avons choisi de tenter de prendre le plus au sérieux possible les appels du pape François, dans sa lettre « Laudato Si », du 18 juin 2015. Il nous invitait à nous engager dans un changement de paradigme, dans une modification assez radicale de notre rapport à Dieu, aux autres et à la Création. Mais force est de constater que ces appels pressants n’ont eu, jusqu’à maintenant, que peu d’incidence sur notre changement de style de vie. Alors des acteurs de la société civile, habités d’un sentiment d’urgence par rapport à la nécessité de modifier radicalement nos modes de vie et de consommation, ont été invités, pendant les deux premiers jours de l’assemblée de novembre, à prendre la parole. L’un de ces invités (Raphaël Cornu-Thénard) s’exprimait ainsi :

« Et puis J’ai découvert que l’écologie n’est pas d’abord une activité mais un état, tout comme la mission et la charité. Mon rapport à l’environnement est profondément lié à mon rapport à Dieu et aux autres. Pas de sainteté sans un rapport juste à l’environnement.

Du coup j’ai compris que j’étais SOUS éduqué en sainteté environnementale. 

En vie chrétienne, en écologie selon Jésus Christ et avec Jésus Christ.

De même que J’ai mis du temps à accepter que mon corps ne fût pas simplement véhicule de mon âme, mais que je serai sauvé corps ET âme par le Christ dans la vie éternelle, j’ai découvert qu’on ne peut pas considérer la création comme un CADRE dans lequel je nais, grandis, suis sauvé par le Christ et meurs. Mais que nous y sommes liés. …/… Par l’écologie J’ai redécouvert que La sobriété de vie est une sorte de chasteté à l’égard de toute chose. Nous avons perdu une forme de chasteté à l’égard de la nature.

Nous limiter de façon volontaire dans notre consommation de nourriture et de ressources naturelles. Nous limiter dans nos biens matériels. Faire l’effort de prendre des douches courtes, d’acheter d’occasion.

Ce sont de beaux sacrifices. Il s’agit de découvrir une nouvelle forme d’ascèse individuelle et collective. Pour y parvenir nous avons peut-être à redécouvrir le sens du sacrifice.

Non pas seulement pour la Terre-Mère mais pour nous unir aux souffrances du Christ et participer à la rédemption du monde. 

En contemplant la croix je comprends le sens du sacrifice et il me rend capable de sobriété, c’est pour moi un lien évident entre l’écologie et ma vie chrétienne. »

Oui, si nous parlons de « conversion écologique » c’est parce que la question est d’abord une question spirituelle avant d’être une question d’adhésion à de nouveaux impératifs moraux. Nos contemporains attendent de nous que nous soyons à la pointe de ces évolutions, car tout, dans nos racines théologiques et spirituelles, nous dispose à assumer cette responsabilité.

Que le pauvre d’Assise, et son Cantique des Créatures, nous inspirent !

 + Jean-Marc Eychenne – Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix

Lien vers la vidéo de KTO qui résume ce qu’a vécu l’Assemblée des Évêques :

https://www.youtube.com/watch?v=6Mfqc0IIaJA.

Lien vers les autres articles du Blog

Recevoir la Newsletter