Quelle attitude face à l’épidémie ?

Coronavirus : la lettre d’un directeur d’école qui appelle à plus d’humanité

C’est sur la page d’accueil du site internet de son lycée, que le directeur du lycée scientifique Volta de Milan, Domenico Squillace, a publié un message proposant une ligne de conduite raisonnable à ses élèves.

En voici quelques extraits traduits par la site d’information chrétienne internationale Aleteia :

« … Chers élèves, rien de nouveau sous le soleil, dirais-je, pourtant l’école fermée m’oblige à parler. Notre institution fait partie de celles qui, avec ses rythmes et ses rituels, marquent le passage du temps et le déroulement ordonné de la vie civile, et ce n’est pas un hasard si la fermeture forcée des écoles est une mesure à laquelle les autorités ont recours dans des cas rares et vraiment exceptionnels. Ce n’est pas à moi d’évaluer l’opportunité de la mesure, je ne suis pas un expert et je ne prétends pas l’être, je respecte et je fais confiance aux autorités et j’observe scrupuleusement leurs indications, mais ce que je veux vous dire, c’est de garder la tête froide, de ne pas vous laisser emporter par le délire collectif, de continuer – avec les précautions nécessaires – à mener une vie normale.

Profitez de ces journées pour faire des promenades, pour lire un bon livre, il n’y a aucune raison – si vous êtes en bonne santé – de rester enfermé à l’intérieur. Il n’y a aucune raison de prendre d’assaut les supermarchés et les pharmacies, mieux vaut laisser les masques aux malades, ils sont plus utiles pour eux. La vitesse à laquelle une maladie peut se déplacer d’un bout à l’autre du monde est un enfant de notre temps, il n’y a pas de murs qui puissent l’arrêter, les siècles passés, elle se déplaçait tout autant, mais juste plus lentement. Un des plus grands risques dans de tels événements, comme Manzoni et peut-être encore plus comme nous l’enseigne Boccace (l’un des créateurs de la littérature italienne en prose), est l’empoisonnement de la vie sociale, des relations humaines, la barbarisation de la vie civile. L’instinct atavique, lorsque nous nous sentons menacés par un ennemi invisible, est de le voir partout, le danger est de considérer tous nos semblables comme une menace, comme un agresseur potentiel. Depuis les épidémies du XIVeet XVIIesiècles, nous avons la médecine moderne de notre côté, ses progrès et ses certitudes. La pensée rationnelle est là pour préserver le bien le plus précieux que nous possédons, notre tissu social, notre humanité. Si nous n’y parvenons pas, la peste aura vraiment gagné.

Je vous attends bientôt au lycée,  Domenico Squillace « 

Recevoir la Newsletter