« Lève-toi, prends ton grabat, et marche », nous dit le Ressuscité !

 « Lève-toi, prends ton grabat, et marche », nous dit le Ressuscité !

Cet ordre de Jésus, adressé à un homme infirme à la piscine de Bézata (Jn 5, 1-18 ou Mc 2, 1-12) peut nous remplir d’étonnement. Pourquoi emporter son brancard plutôt que de le laisser partir au rebut ? Cet objet renvoie à des souvenirs fort négatifs et douloureux. Ne voudrait-il pas mieux l’oublier à tout jamais ?

Nous pourrions énumérer trois raisons de garder avec soin ce grabat.

1/ -Ce brancard est le signe visible de la miséricorde dont nous avons été l’objet, de la guérison dont nous avons été bénéficiaire. Il est comme un « ex voto » comparable à ceux qui sont parfois déposés dans les sanctuaires. En tournant nos regards vers lui, nous nous souviendrons, avec émotion, de ce jour de grâce. Action de grâce

2/ Ensuite, si par malheur nous retombions, après avoir été relevés (ressuscités), il se pourrait que nous en ayons à nouveau besoin. La victoire sur les forces des ténèbres et de la mort (tant que nous ne sommes pas dans le royaume) n’est jamais définitivement acquise. Ne soyons pas présomptueux en pensant que c’est définitivement gagné semble nous dire Jésus. Humilité

3/ Enfin ce brancard, porte les empreintes de tous ceux et cellesqui nous ont manifesté leur amour en se rendant disponibles pour nous aider à nous déplacer. Ils nous ont parfois apporté quelques soins, ou plus simplement la joie de leur présence. Nous ne pouvons qui étaient là pour nous au temps de notre l’épreuve. Ils ont été des « anges » du Seigneur. Leurs noms sont gravés en lettre d’or sur le bois ou les toiles de nos grabats. Gratitude

Oui, « faire mémoire » est une chose importante pour tous les enfants d’Abraham. Nous le faisons longuement pendant la Vigile Pascale. Il s’agit de souvenir d’où nous venons. Nous ne pouvons oublier la bénédiction que Dieu nous a accordée, et qu’il nous a sans cesse rendue malgré nos entêtements et nos reniements. Il est le Dieu fidèle !

En faisant le lien avec cette période, marquée encore fortement par la situation épidémique, nous pourrions dire ceci : – Nousquitteronsun jour de notre confinement, nous en serons libérés. Il en sera fini des limitations imposées, à nos gestes fraternels et à nos déplacements. Mais nous ne devrons pas oublier ces « brancards » dont nous avons eu besoin pour survivre. Nous ne pourrons pas tout simplement revenir au « monde d’avant » comme si de rien n’était, et comme si cela ne devait jamais se reproduire. Cette période nous a ouvert l’esprit et le cœur sur nombre de réalités dont il nous faudra conserver la trace… Ne nous débarrassons pas trop vite de nos multiples brancards.

+ Jean-Marc Eychenne – Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix

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