Le départ d’un témoin de la grâce de Lourdes – Jean d’Artigues

Le départ d’un témoin de la grâce de Lourdes – Jean d’Artigues

Nombre d’entre nous ont été profondément marqués par le documentaire sur Lourdes, réalisé par Alban Teurlai, Thierry Demaizière et sorti sur les écrans en mai 2019. Il ne défend pas de thèse, mais donne sobrement la parole à tous ceux qui séjournent, pour une raison ou pour une autre, dans ce sanctuaire marial. Ce lieu met les personnes les plus fragiles au centre de l’attention. Parmi elles le film nous adonné à entendre  Jean d’Artigues, affronté à la maladie de Charcot. Son combat a cessé le soir du 24 décembre 2020…  Héloïse de Neuville nous remet en mémoire le parcours de ce croyant, dans cet article tout en délicatesse du quotidien La Croix daté du 28 décembre.

Ce pourrait-être pour nous l’occasion de nous laisser porter à nouveau par la grâce particulière de ce documentaire qui nous dit tant de l’humanité… N’hésitons pas à nous le procurer et à le partager avec d’autres. Nous avons besoin de l’espérance au cœur des ténèbres de la souffrance. C’est cela aussi le mystère de Noël

Jean d’Artigues, la force du témoignage

Jean d’Artigues est mort la nuit du 24 décembre, à 56 ans. Atteint de la maladie de Charcot, il avait ému les spectateurs du documentaire Lourdes par son puissant témoignage de foi.

« Pour moi, Noël est la promesse que la vie l’emporte sur tout le reste. » Ces mots de Jean d’Artigues à La Croix, en 2019, résonnent d’une force particulière. Car c’est au cœur de la nuit de Noël, un an après ce témoignage de foi, qu’il est mort après un combat de neuf ans contre la maladie de Charcot.

Ce chef d’entreprise est tombé malade à 47 ans. À l’époque, cet homme de 1,97 m vient de s’installer à Vannes (Morbihan) pour lancer une entreprise de conseil en communication. Marié, père de quatre enfants, il ressent les premiers symptômes de son mal un mois après son déménagement. Peu après, le diagnostic tombe : il est atteint d’une maladie incurable, la maladie de Charcot. « Au moment où je l’ai appris, j’ai été pris de tournis. Allongé sur mon lit, à l’hôpital, ça a duré dix minutes, et puis ça a arrêté de tourner. J’ai soudain été habité par une force intérieure qui ne m’appartenait pas », a-t-il raconté à Pèlerin en 2017.

Une évidence s’impose à lui. « Mon corps m’entraînait vers un mode de vie radicalement nouveau, qu’est-ce que j’allais faire de cette situation ? Il fallait que je trouve la bonne façon de vivre pleinement, à cause ou plutôt grâce à ce qui m’arrivait », expliquait-il à La Croix, en 2019. Au fur et à mesure, Jean d’Artigues a perdu l’usage de ses jambes et de ses bras, vivant les dernières années sous ventilation artificielle quasiment jour et nuit, allongé quinze à seize heures par jour. Déterminé, il multiplie les projets : une traversée de l’Atlantique à la voile, l’écriture de livres (1), l’organisation de conférences… Veuf, Jean d’Artigues s’est même remarié en 2017. « Tous les jours, dans ma vie, j’assiste à des petits miracles : une personne, une idée, une info… Regardez, mon remariage avec Laurence, c’était tellement improbable », s’exclamait-il dans Le Pèlerin.

À travers ses activités, un fil rouge : témoigner de la possibilité d’une vie pleine et joyeuse, quand tout semble perdu aux yeux du monde. Il s’appuyait sur la force qu’il puisait dans sa foi catholique. « Avant ma maladie, je n’étais pas vraiment pratiquant. Je croyais en Dieu mais je n’avais pas fait d’expérience forte de sa présence. Depuis que j’ai ressenti cette paix, je ne me suis jamais senti abandonné. J’ai vécu une expérience physique venue d’ailleurs. Qui m’a sauvé, tout simplement. »

« La grâce de sa maladie », il l’a notamment partagée dans le documentaire Lourdes, vu par plus de 100 000 spectateurs au cinéma. Sorti en 2019, le film racontait le parcours spirituel de plusieurs pèlerins éprouvés. Se sachant condamné, le père de famille y confiait, avec pudeur, ne pas oser demander un miracle pour sa guérison. Son attitude face à la maladie et la souffrance a impressionné. « La maladie est une aventure extrême, parce qu’il faut tout accepter, tout donner, y compris et surtout ce qu’on n’a pas envie de lâcher », expliquait-il. Le coup d’arrêt donné par mon corps a été l’occasion de découvrir une dimension de la vie humaine que j’ignorais (…) Dans mes relations avec les autres, je suis passé d’un état de toute-puissance à un état de faiblesse. »

L’an dernier, il confiait être conscient d’approcher de la fin de sa vie. « La mort sera une libération plus qu’une inquiétude : l’après ne peut être que mieux par rapport à ce que j’endure, soufflait-il. (…) C’est la promesse d’une consolation de tous les maux qui m’assaillent. » Ses obsèques auront lieu lundi 28 décembre, à la paroisse Notre-Dame de Lourdes à Vannes. Plutôt que des fleurs, sa famille propose des « dons à l’Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique dont Jean d’Artigues était le vice-président ».   (Héloïse de Neuville – La Croix)

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Date de sortie initiale : 8 mai 2019
Réalisateurs : Alban Teurlai, Thierry Demaizière
Producteurs : Alban Teurlai, Thierry Demaizière, Stéphane Célérier, Stéphanie Schorter Champenier, Valérie Garcia
Scénario : Alban Teurlai, Thierry Demaizière, Sixtine Léon-Dufour, Jeanne Aptekman
Nominations : César du meilleur film documentaire

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