Pèlerinage à Notre-Dame-du-Marsan

par | 21/05/2018

 

 

Après un temps de prière en la cathédrale Saint-Lizier, durant lequel nous avons réentendu le récit de la Pentecôte, l’effusion de l’Esprit Saint sur les Apôtres au milieu desquels Marie se tenait en prière, et la bénédiction des pèlerins, nous prîmes le chemin du Marsan dans le recueillement. 

Notre marche et les haltes, nous les avons vécues au rythme du chapelet avec de belles méditations du Père Jean Fauroux que nous remercions de tout cœur. Ce sont d’ailleurs ces méditations que j’ai choisies de vous partager. J’y ajoute quelques photos du pèlerinage.

Vous pourrez reconnaître, entre autres, la présence de notre évêque, Mgr Jean-Marc Eychenne, qui a présidé la messe, assisté  de notre diacre Hubert, avec la prédication profonde, vivante et chaleureuse du père Antoine Reneaut (délégué épiscopal à la Mission) et aussi la présence des pères Mario, René, Jean (de Saint-Girons) et Lizier de Bardys (de Toulouse).

Père Éric Pouvaloue, chapelain du Marsan.

Marie, Mère de l’Église et Évangélisatrice des peuples

(Méditation pour les étapes de la procession au Marsan,  par le Père Jean Fauroux)

« Comment Marie est-elle Mère de l’Église et plus largement de toute l’humanité ? » Marie est la mère de l’Église tout d’abord parce qu’elle a donné la vie à jésus, Elle a permis ainsi la création des fondations de cette Église. Jésus est, en effet, la pierre d’angle rejetée des bâtisseurs sur laquelle est édifiée cette Église. Marie est donc essentielle pour cette construction. Ce qui veut dire que notre relation à elle est plus qu’une simple dévotion comme nous pouvons en avoir par rapport à d’autres saints. Elle doit faire naître le Christ en chacun de nous. Cette naissance devient effective lorsque nous l’accueillons comme quelqu’un qui nous aime à en mourir et que nous lui faisons une totale confiance comme elle lorsqu’elle répond à l’ange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur : Qu’il me soit fait selon ta parole. » Demandons à Marie, dans cette première dizaine de chapelet, de nous aider à devenir comme elle serviteurs et servantes du Seigneur.

Marie est aussi la Mère de l’Église par le don que Jésus fait de Jean à sa mère : « Mère, voici ton fils ! » Jean, en effet, suivant la Tradition, représente l’Église qui est le corps du Christ dont chacun de nous est un membre. Notre vocation est d’être des membres vivants de ce corps. Mais nous ne pouvons rester vivants que si nous restons unis au Christ. Jésus nous dit, en effet : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Il est la vigne, nous sommes les sarments. Les sarments ne peuvent porter du fruit que s’ils restent greffés sur la vigne. Demandons à Marie de nous aider à rester unis au Christ afin que notre vie porte le plus possible des fruits d’amour.

Marie est la mère de l’Église dès ses origines. Tout de suite après l’Ascension et avant la Pentecôte, suivant le récit des Actes des Apôtres, nous la voyons en prière avec les Apôtres : « Ils étaient tous, unanimes, assidus à la prière, en compagnie de quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères. » Marie est donc là au cœur de cette Église naissante, comme pour la faire vivre spirituellement en chacun de ses membres. Tous deviennent ainsi ses enfants. Elle les soutient de sa présence protectrice tout en leur révélant l’importance de la prière, et, en particulier, l’importance de la prière communautaire. C’est celle-ci qui les aide surtout à se reconnaître frères. Demandons à Marie de nous aider à comprendre l’importance de cette prière pour que nous y trouvions la force de nous aimer vraiment comme des frères.

Comment Marie est-elle évangélisatrice des peuples ? L’Évangile c’est la Bonne Nouvelle que Dieu adresse aux hommes. Marie est un témoin privilégié de cette Bonne Nouvelle par sa confiance en Dieu et sa disponibilité (cf. la réponse faite à l’ange) ; par l’attention aux autres (visite à Élisabeth, noces de Cana) ; par l’action de grâces pour les merveilles que Dieu a faites pour elle ainsi que par sa vérité et son humilité (cf. le Magnificat) ; par ses paroles d’encouragement : « Faites tout ce qu’il vous dira ! » ; par son immersion totale dans la souffrance humaine sans révolte ni perte d’espérance (épreuves innombrables : rejet, pas de place pour eux au moment de la naissance de Jésus, menaces de mort pour l’enfant, fuite en Égypte, perte de l’enfant à 12 ans, hostilité grandissante vis-à-vis de Jésus, de la part de ses concitoyens d’abord à Nazareth puis de la part des pharisiens et des grands prêtres qui vont tout faire pour qu’il soit condamné à mort et exécuté alors qu’il est innocent. Le mal atteint ici son paroxysme.) Au cœur de toutes ces épreuves, Marie donne un témoignage incroyable. Par sa non-violence, son courage et sa confiance elle révèle que l’amour est plus fort que la haine et l’espérance plus forte que le non-sens et le désespoir. Et ça, c’est une vraie Bonne Nouvelle. Désormais tout homme en détresse peut se référer à elle pour retrouver l’espoir et la confiance en se sentant compris et aimé. Prions pour que ce témoignage nous aide dans toutes nos difficultés quelle qu’en soit la nature.

Évangélisatrice, elle l’est enfin par les nombreux messages qu’elle a donnés à l’humanité au cours de ses différentes apparitions ; par les innombrables sanctuaires et lieux de pèlerinage qui lui sont dédiés et où la bonne nouvelle est annoncée comme ici, au Marsan, aujourd’hui ; par les nombreuses fêtes qui nous rappellent tel ou tel de ses mystères. N’oublions pas l’action du Saint-Esprit en elle. C’est par l’Esprit Saint qu’elle a donné Jésus au monde. C’est encore avec Lui qu’elle est partie prenante dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. La fête de la Pentecôte que nous venons de célébrer nous fait entrer dans le temps de l’Église où doit se vivre cette Bonne Nouvelle. De par notre baptême nous avons reçu la mission de l’annoncer. Nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous ne pouvons le réaliser de manière efficace qu’unis à l’Esprit Saint et à Marie. Demandons maintenant cette force. »

© Photos : DR- Paroisse de Saint-Lizier – 2018

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