À la Pentecôte – l’Esprit déconfine l’Église

À la Pentecôte – l’Esprit déconfine l’Église

Le déconfinement progressif que notre société est en train de vivre, correspond à la fin d’une sorte de repli sur soi, auquel les conditions sanitaires et la peur collective d’un virus, nous ont contraints.

Il y a une comparaison possible, entre cette situation inédite que nous vivons et le récit de la Pentecôte ; évènement extraordinaire qui nous est narré au début du livre des Actes des Apôtres. Les apôtres et les premiers disciples étaient, nous dit-on, « ensemble », ou « entre eux  » .

Le souffle de l’Esprit va bousculer cet entre-soi. Après le temps de l’intériorité (« assidus à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la mère de Jésus, … » (Ac 1,14) ) et sans doute aussi après la période de la peur de la persécution de la part des autorités religieuses, s’ouvre le temps de la mission, de l’annonce joyeuse de l’Évangile à toutes les nations « jusqu’aux extrémités de la terre » . (Ac 1,8)

Tout le livre des Actes des Apôtres nous décrit cette Église « en sortie », comme se plait à dire le Pape François.

Chrétiens que nous sommes, au moment où nous pouvons reprendre peu à peu le chemin des lieux de culte, de culture et de convivialité, nous nous réjouissons aussi de pouvoir laisser s’exprimer notre identité la plus profonde. Or nous sommes des missionnaires, des disciples de Jésus envoyés annoncer la bonne nouvelle du salut, sous le souffle de l’Esprit.

Alors si nous sommes légitimement heureux, avec tous les citoyens de notre pays, de pouvoir à nouveau nous retrouver autour d’un repas à partager sur les terrasses ensoleillées de nos restaurants, comme disciples de Jésus, notre joie est aussi ailleurs.

En effet, à l’heure de nous retrouver en communauté, il ne s’agit pas seulement de faire le compte des présents et des absents (qui peut-être ne reviendront pas pour certains d’entre eux). Il nous faudra penser à tous les autres. Tous ceux qui ne connaissent pas la « joie de l’Évangile » et qui, n’ayant pas rencontré le Christ, ne se sentent pas chez eux en Église. Ils constituent la grande majorité des hommes et femmes qui nous entourent. L’Esprit de Pentecôte, nous déconfine, nous met en « dynamique de sortie », pour que nous allions à leur rencontre, là où ils se trouvent.

C’est le temps de la mission !

+ Jean-Marc Eychenne – Évêque de pamiers, Couserans et Mirepoix

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