Ariège Catholique
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Mi-Carême : Marcher au pas de Dieu !

par | 11/03/2026

Mi-Carême ! Qu’elle belle occasion de nous demander où nous en sommes de nos résolutions de Carême, de respirer un bon coup et de reprendre la route vers Pâques. Guerres et élections marquent notre Carême et habitent notre prière. Mais Carême est aussi un temps d’élection, un temps de choix pour décoder l’appel de Dieu dans notre vie et décider de marcher avec lui, à son pas et à son rythme.

Dieu guide son peuple

Dans le temps du Carême, j’aime me souvenir de la marche au désert. Le peuple de Dieu marchait vers la Terre promise. Moïse le guidait avec patience et détermination, écoutant avec foi et attention ce que Dieu lui disait. La marche était longue. Très longue. Quarante années ! La marche était tellement longue que le peuple de Dieu donnait des signes de fatigue, critiquait son berger, et se détournait de Dieu pour se tourner vers des idoles, et se construire le veau d’or.

C’est sur ce chemin vers la Terre promise que Dieu donne la Loi. Une parole forte et exigeante, des repères pour vivre. Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne prendras pas la femme de ton voisin, tu tiendras parole… Oui, la Loi est exigeante, mais il ne nous faut jamais oublier le contexte dans lequel Dieu donne la Loi à Moïse et à son peuple. Le peuple de Dieu venait d’être arraché par Dieu lui-même à une terre d’esclavage. Il venait d’être libéré de la prison d’Egypte et appelé à marcher vers la Terre promise, une terre où coulent le lait et le miel.

La Loi doit donc s’entendre d’abord comme une Parole d’amour de Dieu pour son peuple. Il serait trop facile d’enfermer la Loi dans le carcan des exigences, alors même qu’elle est d’abord à comprendre comme une véritable parole d’amour de Dieu pour son peuple. Et de fait, il nous faut lire la Loi comme une invitation au bonheur ! Si tu veux être profondément heureux, alors tu ne tueras pas ! Si tu veux être profondément heureux, alors tu ne voleras pas. Si tu veux être profondément heureux, alors tu garderas chacun de ces commandements dans ton cœur, même le plus petit ! Le chemin de la Terre promise, le chemin du Royaume nous est indiqué dans l’écoute des commandements, dans l’écoute de la Parole de Dieu, dans l’enseignement de l’Evangile.

La Loi indique et montre des directions, mais elle ne servirait pas à grand-chose si le souffle de la vie n’était pas là pour lui donner tout son sens ! La Loi est à la fois le minimum et l’essentiel. Elle parle à notre conscience et appelle notre réponse, une réponse libre !

Et moi je vous dis !

Je ne suis pas venu abolir la Loi ou les Prophètes ! » Mt 5, 17 La liturgie nous donnait d’entendre ces mots de Jésus à ses disciples quelques jours avant d’entrer en Carême. Au chapitre 5 de l’évangile de Matthieu, nous avons l’impression d’un recadrage des disciples par Jésus qui de fait les appelle à bien plus que la Loi. « Et moi, je vous dis ! » Jésus nous invite à une attention particulière à sa parole !

Quelle parole écoutons-nous ? Quelle parole entendons-nous ? L’interpellation des disciples est aussi pour nous aujourd’hui : quelle parole mettons-nous en œuvre ? Qui suivons-nous ? Qui voulons-nous suivre ? La Parole de Dieu ne cesse de nous appeler à des conversions.

Finalement, Jésus nous invite à nous poser la question de ce qui habite notre cœur, de ce qui anime notre vie. Il imprime avec force la marque de Dieu dans la Loi : « Et moi, je vous dis ! » Alors les exigences tombent comme des évidences. Malheur à celui qui tue : il ne vit pas selon le cœur de Dieu. Mais celui qui est habité par la haine, celui qui vole ou qui regarde la femme comme un objet ne vit pas selon le cœur de Dieu. La Parole de Jésus, apporte le plus, la marque de Dieu. « Et moi, je vous dis ! »

L’exigence de la fraternité !

Au début du Carême les cendres ont été déposées sur notre front pour ouvrir notre marche vers Pâques. Souviens-toi ! Convertis-toi ! Elles ont été déposées comme on les jette sur un chemin d’hiver pour ne pas glisser et pouvoir marcher, avancer. Les cendres sont la marque de Dieu qui nous attend et nous accompagne sur notre chemin de conversion et de réconciliation. Depuis le début du Carême, les mots de l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe résonnent dans notre tête : « Nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » 2 Co 5, 20

La première exigence qui résonne dans l’évangile, est celle de la fraternité. « Va d’abord te réconcilier avec ton ton frère ! » Mt 5,24 Chemin difficile pour tous et chacun. Difficile en famille, en couple, en communauté, en presbytérium, en paroisse.

La conversion est un sacré mouvement. Elle ouvre à l’avenir, à un avenir avec Dieu dont nous découvrons et mesurons la miséricorde sans limite. Rien ne pourra jamais arrêter l’amour de Dieu pour chacune et chacun d’entre nous. La miséricorde de Dieu n’a ni limites, ni conditions ! Elle est bien plus que tout ce que l’on peut dire ou imaginer d’elle, et le Carême ne sera jamais trop long pour nous la faire comprendre et découvrir !

Un Carême d’élection !

Depuis plus de deux semaines, nous sommes entrés dans le temps du carême. Nous voilà déjà au milieu du gué. Mi-Carême ! Bien sûr, la moitié du chemin est parcourue, mais il nous reste l’autre moitié… Où en sommes-nous donc de nos résolutions de Carême ? Le temps nous semble s’accélérer. Quoi de plus normal ! Nous entrons dans le dur de ce pour quoi le carême est fait : nous convertir, changer nos cœurs, nos regards, nos esprits, écouter Dieu et ce qu’il veut pour nous ! Il va falloir se décider, choisir ! Voilà une autre exigence posée par Jésus dans l’évangile : celle du choix et de la fidélité au choix posé. « Que ton oui soit oui et que ton non soit non. Tout ce qui vient en plus vient du mauvais » Mt 5,37, c’est-à-dire ne vient pas de Dieu !

Choisir n’est pas facile, en particulier quand il s’agit de choix importants, de ces choix qu’on appelle des choix de vie. La Loi nous indique le chemin de ces choix, elle nous les rend même, peut-être, plus faciles quand nous les comprenons comme un chemin de bonheur que Dieu dessine pour nous et qu’il nous appelle à prendre.

Choisir n’est pas facile, mais choisir est l’acte d’une personne libre ! Seul celui ou celle qui est vraiment et profondément libre peut choisir ! Choisir d’aimer, choisir de vivre, choisir de partager, choisir de pardonner, choisir de suivre le Christ et de vivre l’Évangile, choisir de s’engager au service d’une paroisse, dans une EAP ou un Conseil économique, choisir de recevoir, pour certains, le baptême ou la confirmation, choisir aussi, pour quelques uns, de devenir prêtre, religieux ou religieuse.

Le temps du Carême prépare aussi celles et ceux qui, dans nos communautés, vont devenir chrétiens. Ils se préparent à plonger dans les eaux du baptême pour naître à la vie nouvelle des enfants de Dieu. De dimanche en dimanche, en célébrant avec eux les scrutins, nous apprenons à les mieux connaître, à retenir leurs prénoms et leurs visages. Ils deviennent nos sœurs et nos frères. Ils se préparent à recevoir l’Esprit, et à communier avec nous au Christ ressuscité. Comme c’est l’usage, ils ont écrit à l’évêque pour demander le baptême, faisant de moi le témoin de leur cheminement et de leur conversion. Leur histoire, leur cheminement réveille notre propre chemin de conversion, notre cheminement personnel et notre cheminement communautaire. Quelle belle histoire chacune et chacun d’entre eux est entrain d’écrire avec Dieu ! Quelle belle histoire nous sommes désormais invités à écrire ensemble. Frères et sœurs catéchumènes, vous êtes au cœur de ma prière pendant ce temps du Carême.

Guerres et élections

Quarante jours nous sont donnés par le temps du Carême, pour choisir comment nous voulons orienter, réorienter notre vie ! Mi-Carême ! Une autre étape du Carême s’ouvre devant nous. Elle sera marquée, malgré nous, par cette guerre, par ces guerres qui déchirent notre humanité et habitent jour et nuit notre prière. Toute guerre défigure le visage de Dieu ! Toute atteinte au visage de l’homme défigure le visage de Dieu ! Un jeune prêtre de notre diocèse, l’abbé Sylvain, aumônier militaire, en escale avec sa frégate, nous donne régulièrement des nouvelles. Il compte sur notre prière.

Cette deuxième moitié du temps du Carême sera aussi marquée, dans notre pays, par des élections. Nous ne mesurons pas toujours la chance que nous avons de pouvoir choisir, discerner, décider, et voter ! L’Evangile nous donne des clefs de discernement pour éclairer notre conscience et notre vote. Nous ne mesurons pas toujours, quand nous sommes élus, l’importance de devenir représentants de tous et de chacun. C’est un apprentissage difficile mais nécessaire. Toute victoire est d’abord celle de la démocratie ! Je rencontre régulièrement des élus. Nous partageons des questions, des difficultés, des souffrances et des espérances. Je suis touché par leur engagement au cœur de la cité, auprès des hommes et des femmes qui vivent en Ariège. J’aime les remercier pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Soyez heureux de servir.

Enfin, cette deuxième moitié du Carême sera marquée par ce que nous déciderons d’en faire, sans perdre de vue que le Carême nous donne avant tout d’accompagner Jésus qui monte à Jérusalem, de marcher avec lui, à son pas, de tomber et de nous relever avec lui. Le Carême nous prépare à Pâques, à cet évènement à nul autre pareil, qui va bousculer, retourner le cœur des premiers témoins de la résurrection, puis de l’humanité et de l’histoire du monde. Depuis le matin du tombeau vide, plus aucune ténèbres ne peut s’abattre sur la vie de l’humanité. Là est toute notre espérance !

Le chant de l’Alléluia !

Notre marche vers Pâques se poursuit. Et nous ne pouvons oublier personne dans cette marche. Ni les enfants, ni les jeunes, ni les malades, ni les prisonniers, ni celles et ceux qui nous sont proches par la vie ou le travail. Nous marchons avec eux, et ils marchent avec nous. Nous les portons dans notre prière. Pour eux, comme pour nous, Christ est ressuscité !

Préparons nos cœurs au grand chant de l’Alléluia ! Bonne marche vers Pâques !

« Et moi je vous dis :

Levez les yeux et regardez

les champs déjà dorés pour la moisson ! »

Jn 4,35

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