Ces fêtes de Noël 2025 ont encore été très belles partout et tout particulièrement chez nous. Les témoignages recueillis sont unanimes sur la qualité des célébrations. Bravo et merci aussi pour toutes les crèches réalisées dans un très grand nombre d’églises. Parmi toutes ces célébrations je voudrais attirer votre attention sur la messe que j’ai célébrée à la prison de Foix le 27 décembre. Depuis quelques mois j’ai la chance de participer à la vie de l’aumônerie de la Maison d’Arrêt. Le diacre Xavier l’anime activement avec des temps d’écoute et de rencontres. Une fois par mois la messe est proposée, assu-rée par l’évêque ou moi. C’est toujours pour moi un temps très fort et ça l’a été tout spécialement ce samedi 27 décembre pour cette messe de Noël. Des cadeaux et des voeux ont été transmis aux détenus de la part de paroissiens de chez nous et d’enfants du catéchisme de Pamiers. Je vous livre un commentaire donné ce jour là par un participant qui a réfléchi et prié sur l’évangile de Noël…
« Je vous avoue que je me suis un peu torturé l’esprit, pour parler de cet évangile. Que dire de ce texte, et qui n’a pas déjà été dit ; qui plus est, par bien plus qualifié que moi…
Je ne suis qu’un pèlerin, comme vous. Un sale gosse de 23 ans qui a fait un paquet de bêtises. Alors j’ai décidé de vous parler avec le coeur. Je ne crois pas me tromper en disant que c’est pour cela qu’on est là ici, dans cette salle cultuelle, tous ensemble, pour fêter Noël. Tous autant que nous sommes. Je me suis juste demandé pourquoi ? Pourquoi je suis si heureux de voir naître cet enfant, cette chose si faible, si fragile ? D’habitude je n’aime même pas les gosses. Je suis heureux de cette naissance, parce que je crois, qu’a travers sa naissance, il me donne du courage. Il est l’espérance incarnée, le renouveau, la naissance. Il appelle au changement, à suivre son chemin. Et il le demande, à chacun d’entre nous. Je sais ce que vous ressentez : ça fait peur le changement. Moi aussi j’ai peur : peur de ne pas y arriver, peur de me tromper de chemin, peur de tourner en rond. Oui c’est terrifiant !!! Et ceux qui refusent de l’admettre, sont des menteurs, des ignorants. Mais n’est-ce pas le moment, en cette nuit de Noël, de prendre le taureau par les cornes, de faire preuve de courage, de s’engager ? N’est-ce pas ce qu’est venu nous dire le Seigneur, en s’incarnant dans l’innocence d’un nouveau-né ?
Mes frères, je ne connais pas votre vie, vos histoires, je ne sais même pas pourquoi vous êtes en prison, et ça m’est égal pour être franc. Je sais simplement, que si vous êtes là, c’est que comme moi, vous voulez avancer. Avancer plus loin, plus loin qu’on pourrait l’imaginer. Alors les gars, mon seul souhait, c’est que vous deveniez ce que vous avez envie de devenir, des gars bien, et fiers de ce qu’ils sont en train de devenir. Ce n’est pas au ciel que j’adresse cette prière, c’est à vous les gars.
Je ne prétends pas vous dire ce que vous devez faire, non. Je ne suis qu’un sale gosse de 23 ans, qui a fait un paquet de bêtises. Mais ce sale gosse, ce jour de Noël, Il a un rêve : je voudrais que l’on puisse être heureux, tous autant que nous sommes ; c’est peut-être un peu bateau, ce que je rêve, mais soyez tolérants, c’est Noël.
S’il y a bien un moment, où on peut écouter les rêves d’enfants, je crois que c’est aujourd’hui. Il m’a fallu la visite d’un nouveau-né pour comprendre à quel point Il me suffisait d’un peu de courage pour renaître.
Je suivrai ses pas, et je l’aiderai à accomplir sa sainte mission. Pas en devenant un catho bien tradi qui ne crois en les valeurs humanistes que le premier de chaque mois sous la nef, mais en aidant tous ceux qui en auront besoin. Cette nuit nous est né un sauveur, à nous de choisir de le suivre, ou pas.
Joyeux Noël les gars. AMEN. »
Par l’abbé Bertrand






































































