Quand la Vierge apparaissait à Celles («Le petit Lourdes»)

Quand la Vierge apparaissait à Celles

(«Le petit Lourdes»)

(article de La Dépêche du Midi, publié en 1999)

L’Ariège a le privilège de posséder dans son histoire un événement exceptionnel, «extra-ordinaire» : une apparition de la Sainte Vierge y fut déclarée et des miracles constatés. Cela s’est passé à Celles !

Récit :

Posée sur une colline entre Foix et Lavelanet, la chapelle Notre-Dame de Celles en est le témoin depuis trois cents ans, alors que le sanctuaire des Hautes-Pyrénées ne date que d’un siècle et demi. Mais ici, rien à voir avec Lourdes.

Tout est dans la simplicité d’un site champêtre, apaisant, ressourçant…

Louis-XIV est-passé par-là…

C’est en 1686 qu’un jeune agriculteur appelé Jean Courdil déclare avoir vu la Sainte Vierge. Une enquête puis une seconde sont menées dans les six mois après la date de ladite apparition. Celles-ci sont toujours conservées dans les archives.

Dans ces documents sont signalés plusieurs cas «d’effets merveilleux» (guérisons). On accourt des environs, de l’Aude, de Montaillou, du Couserans et même d’Espagne. Une chapelle est construite sur les lieux et bénie neuf ans après la relation des faits. D’autres miracles seront signalés depuis.

Mais voilà… A cette époque, Louis-XIV veut nommer lui même l’évêque du diocèse : ce qu’il tente de faire à plusieurs reprises. De son côté, le pape refuse ce système et nomme d’autres ecclésiastiques. Les relations entre la cour et Rome sont au plus mal : cela durera treize ans, le tout alimenté par une querelle entre jésuites et jansénistes.

Bref, dans cette tourmente, où le diocèse de Pamiers voyait «grand vicaire contre grand vicaire», c’est-à-dire l’un nommé par le roi et l’autre (devant vivre dans la clandestinité) qui avait le soutien du pape, les enquêtes effectuées en 1686 n’ont jamais pu connaître une suite normale : elles resteront longtemps enfermées dans un coffre. Même actuellement, elles ne sont pas répertoriées dans les archives du Vatican, concernant les apparitions mariales.

Le message de-l’apparition

Les deux enquêtes relatent sur le fond les mêmes choses quant au déroulement (à quelques nuances près). La zizanie règne alors dans la vicomté de Celles (un prêtre a même été battu). Il s’agit de réconcilier tout le monde, c’est le message central du discours de la Sainte Vierge. Ce qui sera fait, en vertu de quoi l’eau de la fontaine près de laquelle la mère de Dieu est apparue «sera bonne» (d’après la relation de ses propos). D’où une liste de miracles répertoriée et jointe aux enquêtes. D’autres seront notées sur les registres, y compris avec les certificats des médecins soignants de l’époque.

Quant aux symboles accompagnant le récit, l’on retrouve la colombe annonçant l’apparition et la preuve de celle-ci (une croix de feuilles de chêne sur la bêche que portait le jeune paysan). Ainsi donc, la relation des apparitions était conforme au droit canon de l’époque (règles de l’Eglise).

Le sanctuaire

La petite chapelle construite et bénie en 1695, modifiée dans les années 1760, ravagée, semble-t-il, durant la Révolution (en tout cas vendue à un particulier en bien national) connaîtra un essor particulier avec un prêtre, originaire de Mérens, nommé à Celles en 1835, l’abbé Mouychard.

Un journaliste en 1847 se rend sur les lieux. Devant l’affluence des pèlerins, il écrit : «On dirait une armée qui bivouaque !» (car l’on dort sur place pour être présents lors des cérémonies). En 1859, le premier livre consacré à NotreDame de Celles mentionne 20.000-pèlerins entre juillet et octobre.

Un vaste chantier s’est alors mis en place : la restauration et l’agrandissement de la chapelle (celle que l’on voit de nos jours). Un ermite habite un logement jouxtant l’édifice du culte et accueille pèlerins et passants.

Depuis, des aménagements intérieurs se sont opérés, en particulier après le concile Vatican-II. Le style y est dépouillé.

Des travaux se poursuivent.

Certains deviennent urgents.

Actualité de-NotreDame

Les pèlerinages n’ont jamais cessé. De nos jours, l’un d’eux revêt un caractère particulier, il a lieu le dimanche proche de la sainte Anne (mère de la Sainte Vierge), en juillet.

L’on y vient, comme d’habitude, avec son pique-nique que l’on partagera avec d’autres dans les prés environnants ou à l’ombre des arbres, comme toujours dans la simplicité. Une procession aux flambeaux est préparée la veille, au soir, sur la place des Ormeaux, à Celles village En outre, trois autres rendezvous sont traditionnellement proposés. L’un pour commémorer la date de l’apparition (au mois de mai), un autre début septembre pour célébrer la Nativité de la Sainte Vierge .

Enfin, à la Toussaint, pour remercier tous les donateurs décédés

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