ACAT – L’appel du mois – janvier 2022

2/07/2021

J’agis pour que le père Marcelo Pérez soit protégé
Le père Marcelo Pérez est un défenseur des droits des peuples autochtones du Chiapas au Mexique. Il se pose en médiateur pour résoudre les conflits liés aux fléaux (corruption, trafics…) qui lèsent les plus fragiles. Très écouté et fédérateur, il est devenu gênant et est menacé de mort.

Le 15 / 12 / 2021

Le prêtre défenseur qui dérange

Du peuple Maya Tsotsil, le père Marcelo Pérez est un prêtre engagé en faveur des droits humains au Chiapas. Non-violent et attaché à l’œcuménisme, il essaye d’établir un dialogue de paix et de réconciliation dans un Etat rongé par les mégaprojets de développement (barrages, mines, autoroutes), la corruption, les trafics (drogue, armes, prostitution), la violence d’État et des groupes armés illégaux. À plusieurs reprises, il a mobilisé des milliers de manifestants contre la criminalité ou pour le droit à un environnement sain.

Très écouté, fédérateur, le père Marcelo est devenu très gênant pour certains. Il est aujourd’hui l’une des personnes les plus menacées du Mexique. Il reçoit très régulièrement des menaces de mort. Il est souvent suivi dans ses déplacements. Son véhicule a même été saboté plusieurs fois. Des campagnes de diffamation sont lancées contre lui dans des médias, sur les réseaux sociaux, par des personnalités politiques, le faisant passer pour corrompu et à la solde de groupes criminels. Depuis 2015, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme a ordonné à l’État mexicain de prendre des mesures pour sa protection. Cependant, les dispositions prises jusqu’à ce jour sont très insuffisantes et font douter d’une réelle volonté politique de le protéger. Par exemple, les attaques à l’encontre du prêtre ne font toujours pas l’objet d’enquêtes sérieuses et de poursuites.

Une aggravation de la violence

Le Chiapas compte un grand nombre d’acteurs armés : militaires et paramilitaires depuis la seconde moitié des années 1990, puis plus récemment, des bandes liées à la criminalité organisée. Ainsi, la violence ne cesse d’augmenter et elle touche d’abord les communautés autochtones (28,2 % de la population) en butte aux manœuvres pour contrôler leurs territoires. La situation s’est encore aggravée en juin 2021 avec la tenue d’élections locales. Les notables locaux habituels ont cherché à se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Un défenseur, proche du père Marcelo, Simón Pedro Pérez López, a été assassiné après avoir dénoncé ces pratiques. Actuellement, le Chiapas est le deuxième État (sur 32) du Mexique le plus dangereux pour les défenseurs des droits humains.

L’ACAT-France demande à ce que le père Marcelo soit protégé et que les attaques dont il est la cible fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites

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En décembre 2019, une vingtaine de militants et d’avocats chinois des droits de l’homme se réunissaient pour parler de la situation dans leur pays et dans le monde, convaincus qu’une autre Chine est possible. Violemment réprimés, plusieurs sont arrêtés. Parmi eux, Xu Zhiyong, toujours en détention.

Le 19 / 11 / 2021

Xu Zhiyong est cofondateur du centre d’aide juridique Open Constitution Initiative et du Nouveau mouvement des citoyens, une ONG de défense des droits civils. Lorsque la répression contre les participants à la réunion commence, Xu Zhiyong se cache tout en publiant le 4 février 2020 un article dans lequel il critique la gestion de la crise du coronavirus par le président Xi Jiping qu’il appelle à démissionner.

Le 15 février 2020, il est arrêté et sa famille est informée qu’il est placé en « surveillance résidentielle dans un lieu désigné » par le bureau de la sécurité nationale de Pékin. Ses proches n’en savent pas plus. Sous ce statut, les autorités peuvent le détenir pendant six mois, dans n’importe quel lieu choisi par la police, sans obligation d’indiquer où il se trouve, et lui refuser l’accès à un avocat. Le refus durera un an, jusqu’en janvier et février 2021. Il confie alors à son avocat avoir été soumis à des actes de torture lors de sa détention au secret.

Pour mémoire, c’est en juin 2020 que la police rend officielle son arrestation. En novembre, le Procureur informe la famille que la période d’instruction est prolongée de deux mois car il risque une peine supérieure à 10 ans de prison. Cette situation perdure jusqu’au mois d’août 2021 quand lui et l’avocat Ding Jiaxi sont officiellement inculpés. Toutefois, ils n’ont pas accès à l’acte d’accusation tout de suite, leurs avocats ayant été contraints de s’engager à ne pas révéler le contenu de celui-ci. Rendu public, il énonce clairement que Xu « devrait être tenu pénalement responsable du crime de subversion du pouvoir de l’État ». Considéré comme récidiviste, il avait déjà été condamné à quatre années d’emprisonnement en 2013, il risque une peine extrêmement lourde, allant jusqu’à la perpétuité.

Le 2 mars 2021, le Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies, saisi de sa situation, qualifiait sa détention d’arbitraire et estimait qu’au regard des circonstances de cette affaire, la seule réponse envisageable était sa libération immédiate.

Xu Zhiyong est détenu depuis près de deux ans, dont six mois en surveillance résidentielle et le reste au centre de détention du canton de Linshu, connu pour soumettre les détenus à des conditions de détention particulièrement difficiles. Dans un échange récent avec son avocat rendu public le 21 octobre 2021, il explique que « c’est peut-être l’endroit le plus pauvre de la planète. Nous sommes autorisés à sortir moins de 20 minutes à l’extérieur chaque jour. »

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Pour avoir dénoncé et documenté des violations des droits humains au Burundi, douze défenseurs et journalistes en exil ont été injustement condamnés à des peines de prison à perpétuité. Leurs peines doivent être annulées, leurs ONG et médias réhabilités !

Le 26/10/2021

Dans leurs relations avec la société civile, les autorités au pouvoir au Burundi envoient des signaux contradictoires : elles lèvent certaines restrictions (fin de la suspension de l’organi[1]sation anti-corruption PARCEM et de la radio Bonesha FM) et libèrent des défenseurs et jour[1]nalistes injustement emprisonnés. Mais, dans le même temps, elles poursuivent leur politique de contrôle et d’intimidation de la société civile. Les deux lois liberticides de 2018 régissant le travail des ONG et des médias restent en vigueur, permettant ainsi un contrôle des activités de la société civile. Douze défenseurs des droits humains et journalistes burundais en exil – dont Armel Niyongere, président de l’ACAT-Burundi – font encore l’objet de condamnations à des peines de prison à perpétuité.

Ces douze membres de la société civile avaient dû fuir le Burundi en 2015 après avoir fait l’objet de menaces de la part du régime du président Pierre Nkurunziza, qui souhaitait briguer un troi[1]sième mandat en dépit de la limitation constitutionnelle fixée à deux mandats.

La plupart des associations et médias qui faisaient un travail d’enquête, de documentation et de médiatisation des violences commises par les agents de l’État contre les dissidents se sont vu interdire d’exercer leurs activités. C’est notamment le cas de l’ACAT-Burundi, qui a été radiée par le ministère de l’Intérieur en octobre 2016 après que ses comptes bancaires aient été fermés en novembre 2015. En janvier 2017, Armel Niyongere a été radié de l’ordre des avocats comme trois autres avocats-défenseurs des droits humains.

Ces procédures n’ont pas pu faire l’objet de contestations du fait de l’exil des douze défen[1]seurs et journalistes qui ne pouvaient pas se défendre devant la justice de leur pays pour les délits invraisemblables pour lesquels ils étaient accusés. Aucun avocat burundais n’a accepté d’assurer leur défense par peur d’éventuelles représailles de la part du régime.

Les autorités burundaises cherchent la normalisation. Si elles veulent atteindre cet objectif, elles doivent impérativement mettre un terme au harcèlement judiciaire dont sont victimes des défenseurs des droits humains et des journalistes burundais qui critiquent le régime. Les liber[1]tés d’expression et d’association doivent être respectées et protégées en toutes circonstances, de même que l’indépendance de la justice.

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Appel du mois d’octobre 2021

 

Journaliste et défenseur sahraoui des droits humains, Mohamed Lamine Haddi est arrêté en 2010 comme d’autres prisonniers de Gdeim Izik. Depuis juillet 2017, il est à l’isolement. Début 2021, en signe de protestation, il a mené une grève de la faim de 69 jours.

 

Le 21 / 09 / 2021

Arrêté pour son engagement en faveur des droits des Sahraouis

En octobre et novembre 2010, comme de nombreux autres Sahraouis, Mohamed participe au camp de Gdeim Izik. Cette mobilisation vise à dénoncer les discriminations dont les Sahraouis s’estiment être victimes de la part du gouvernement marocain. Le 8 novembre, ce camp est violemment démantelé par les autorités marocaines. Des affrontements éclatent entrainant la mort de plusieurs personnes dont des policiers marocains. Bien qu’absent du camp lors des évènements, il est arrêté le 20 novembre 2010 comme des centaines d’autres Sahraouis. Parmi eux, 25 militants politiques et défenseurs des droits sahraouis dont Mohamed, sont accusés du meurtre des policiers.
Il subit alors des mauvais traitements et actes de torture. Il est forcé de signer des aveux. Comme ses coaccusés, il fait face à une justice inique et est condamné à 25 ans de prison le 19 juillet 2017. Depuis lors, il est placé à l’isolement et n’est autorisé qu’à une heure de sortie par jour. En décembre 2020, tous ses effets personnels lui sont confisqués. Mohamed se met en grève de la faim le 13 janvier 2021 pour protester contre les multiples violations à son égard et pour attirer l’attention sur ses conditions de détention.

Une grève de la faim de 69 jours

Sans nouvelle, la mère, la sœur et le frère de Mohamed se rendent le 1er mars 2021 à la prison de Tiflet 2 où il est détenu. Leur visite est refusée et ils sont brièvement arrêtés par la police marocaine pour troubles devant l’entrée de la prison. Le 22 mars, au bout de 69 jours, les gardes pénitentiaires le  nourrissent de force avec une sonde nasogastrique et des injections de vitamines, sans qu’aucun soin médical ne lui ait été fourni. Il dit alors souffrir d’une paralysie partielle du côté gauche, de douleurs à l’estomac, aux reins et à la main gauche, et de pertes de mémoire.
Après quelques échanges téléphoniques avec Mohamed, sa mère est à nouveau sans nouvelle de lui pendant plus de trois mois, craignant le pire pour son fils qui est dans un état de santé très préoccupant. Le 16 juillet enfin, elle reçoit un appel de Mohamed qui fait état d’une forte fièvre. Il n’a toujours pas pu voir de médecin et confirme que tout contact avec l’extérieur lui a été interdit par le directeur de prison en représailles de la mobilisation de sa famille sur son cas.

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Appel du mois de septembre 2021

Je demande justice et réparations pour les victimes de Kisangani

La seconde guerre du Congo débute en 1998 et voit s’affronter sept pays africains jusqu’en 2003. Entre le 5 et le 10 juin 2000, la « guerre des six jours » fait plus de 1000 morts à Kisangani et dans ses environs. Depuis plus de vingt ans, des victimes demandent justice et réparations.

 

Le 23 / 08 / 2021

Un conflit meurtrier pour le contrôle de Kisangani

La seconde guerre du Congo débute en 1998 et voit s’affronter sept pays africains jusqu’en 2003. Une partie importante de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est contrôlée par des groupes rebelles congolais et leurs alliés étrangers. La ville de Kisangani, située dans la province Orientale, occupe une position militaire stratégique au carrefour du fleuve Congo et des rivières Tshopo et Lindi. Elle abrite aussi un commerce lucratif de diamants et d’or.

En août 1999, la crise entre le Rwanda et l’Ouganda pour le contrôle de Kisangani dégénère en conflit ouvert. Les militaires de l’Armée patriotique rwandaise (APR) et les Forces de défense du peuple ougandais (Uganda Peoples Defence Forces, UPDF) font usage d’armes lourdes dans des zones très peuplées provoquant des morts et des blessés civils. En mai 2000, la tension monte d’un cran et le 5 mai, des combats à l’arme lourde causent de nouveau la mort de civils. Entre le 5 et le 10 juin 2000, c’est la « guerre des six jours » : les deux camps se livrent à des « attaques indiscriminées à l’arme lourde, tuant entre 244 et 760 civils et en blessant plus de 1 000 » indique le rapport Mapping des Nations Unies. Les associations locales parlent de plus de 1 000 morts et de 6 600 obus tirés, provoquant la destruction d’au moins 800 bâtiments, dont la cathédrale. Des milliers de personnes fuient la ville.

Lutter contre l’oubli

Vingt-et-un ans plus tard, de nombreux blessés vivent avec un handicap physique et psychologique ; d’autres ont perdu des membres de leurs familles et vivent avec ce traumatisme ancien. Des dirigeants congolais, dont certains sont en poste aujourd’hui, ont participé et tiré parti de ces affrontements. Les stigmates de cette guerre restent visibles dans la ville, sans que les autorités n’aient, jusqu’à ce jour, édifié le moindre mémorial pour les victimes de ces crimes de guerre. Des collectifs de victimes se mobilisent pour que ce drame soit officiellement reconnu et pour obtenir justice et réparations.

Le cinéaste Dieudonné Hamadi, dans son film En route pour le milliard lutte contre l’amnésie et met en lumière le combat de ces victimes. Ce documentaire, plusieurs fois primé, dont l’ACAT-France est partenaire, sort en salles le 29 septembre 2021. Après des décennies de déni et de silence, il est temps que la reconstruction et la réhabilitation adviennent pour Kisangani et ses habitants.

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Appel du mois d’août 2021

J’agis pour que Zhang Zhan soit libérée

Zhang Zhan est une journaliste citoyenne qui, dès février 2020, a filmé et dénoncé les conditions sanitaires à Wuhan. Détenue depuis mai 2020 et condamnée en décembre 2020 à quatre ans de prison, elle est détenue dans des conditions préoccupantes pour sa santé.

 

Le 21 / 07 / 2021

Condamnée pour avoir voulu informer

Zhang Zhan est une ancienne avocate. En février 2020, elle s’est rendue à Wuhan, quelques
jours après le confinement strict de la ville, après avoir pris connaissance du commentaire d’un internaute qui écrivait qu’on l’avait laissé seul face à la mort. Avec quelques autres, elle filme des malades alités dans un couloir d’hôpital à Wuhan. Ses images donnent un rare aperçu des conditions sanitaires dans la première ville du monde touchée par le coronavirus, loin de l’image que les médias officiels ont tenté d’imposer. On la voit également tenir tête à un policier lui ordonnant de cesser de filmer. « J’ai le droit de surveiller ce que fait l’État », répondait-elle calmement à l’homme qui tentait de lui arracher son téléphone portable. En mai 2020, Zhang Zhan, est arrêtée, puis condamnée fin décembre à quatre ans d’emprisonnement pour « provocation aux troubles à l’ordre public ».
Elle entame une grève de la faim pour protester et clamer son innocence. Ses geôliers la forcent à se nourrir par une sonde gastrique nasale, l’entravent et lui lient les mains pendant plusieurs mois. Selon son avocat qui a pu lui rendre visite à ce moment-là, sa santé se dégrade. Le 18 décembre 2020, le tribunal populaire du nouveau district de Pudong informe son avocat de la date du procès fixée au 28 décembre.
Ce jour-là, elle est conduite dans la salle d’audience en fauteuil roulant, car elle est très faible physiquement. Elle est accusée d’avoir utilisé des réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations. Zhang Zhan rendait surtout compte d’arrestations de journalistes indépendants et du harcèlement subi par leurs familles.

Plus aucune visite autorisée

Depuis le 13 janvier 2021, date à laquelle Zhang Zhan a vu pour la dernière fois son avocat,
les autorités ont interdit toute visite, estimant que la procédure était terminée. Les autorités ont annoncé l’avoir transférée en mars 2021 dans la prison pour femmes de Shanghai où elle doit accomplir l’ensemble de sa peine. Sa mère, qui s’est rendue à la prison et a demandé à la voir n’a pas été autorisée à lui rendre visite.
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Appel du mois de juillet 2021

La défenseure mexicaine des droits humains Kenia Hernandez coordonne le collectif Zapata Vive qui lutte pour le droit à la terre et résiste pacifiquement aux modèles de développement néolibéraux de l’État mexicain.
Victime d’un harcèlement judiciaire
Kenia Hernandez a été arrêtée arbitrairement pour la première fois en juin 2020 lors d’une manifestation pacifique et inculpée pour « vol qualifié ». En octobre 2020, elle a été arrêtée une seconde fois par une vingtaine de policiers à un péage et accusée de « vol avec violence », infraction passible d’une peine de 18 ans d’emprisonnement.
Le 25 octobre 2020 le parquet général a demandé qu’un nouveau mandat d’arrêt soit émis pour le crime « d’attaques contre les voies de communication générales » car elle avait demandé le libre passage sur les autoroutes du pays. Pour les avocats de Kenia, cette campagne judiciaire est orchestrée par des acteurs corporatifs et les autorités locales en raison de ses engagements. Elle est actuellement en détention provisoire.
Une audience commencée le 13 mai 2021 et reportée au 27 mai suite à une demande d’interprète pour qu’elle puisse s’exprimer dans sa langue maternelle a pu finalement avoir lieu. Cette audience n’a cependant apporté aucun nouvel élément sur son dossier. Une nouvelle date doit être fixée prochainement, prolongeant d’autant plus sa détention arbitraire.
Ses avocats dénoncent les échanges qui ont eu lieu lors de l’audience du 13 mai marquée par les déclarations du juge affirmant que sa détention était justifiée car elle « manifeste trop » et que son genre ne devait pas être pris en considération car elle n’est « pas soumise ». Le juge a également questionné sa volonté de s’exprimer dans sa langue alors qu’elle a été scolarisée en espagnol. Les propos du juge ont été dénoncés comme un symbole du racisme à l’égard des minorités indigènes dans le pays et à l’encontre des femmes.
Un état de santé alarmant
Dès le 1er avril 2021 Kenia Hernández a informé un juge de la dégradation de son état de santé liée à de mauvaises conditions de détention. Le 17 mai 2021 elle a débuté une grève de la faim pour protester contre son incarcération, mais y a mis fin le 27 mai après avoir obtenu l’autorisation de s’exprimer dans sa langue maternelle au cours des audiences. L’ACAT-France, sensible au combat de Kenia Hernandez, demande sa libération et l’arrêt du harcèlement judiciaire dont elle est victime en tant que défenseure des droits, femme et autochtone.
 
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Appel du mois de mai 2021

 

 

Mancho Bibixy est détenu en représailles à ses discours publics dénonçant la marginalisation économique et sociale de la minorité anglophone au Cameroun. Selon les Nations unies, sa détention qui dure depuis plus de quatre ans est arbitraire.
Mancho Bibixy est un symbole de militantisme pacifique au Cameroun. Alors qu’il travaillait pour une radio locale et documentait les violations des droits humains commises dans la Nord-ouest, il est devenu l’un des meneurs du mouvement pour l’égalité des droits. Le 21 novembre 2016, sur un rond-point de la ville de Bamenda, debout dans un cercueil, un mégaphone à la main, Mancho Bibixy dénonce la marginalisation sociale et économique de sa communauté anglophone. La révolution du cercueil commence. La réponse des autorités ne se fait pas attendre et les manifestants sont violemment réprimés.
Le 19 janvier 2017, Mancho Bibixy est arrêté sans mandat. Des soldats armés entrent de force dans la maison d’un de ses amis où il est hébergé, lui mettent une cagoule et l’emmènent dans un véhicule sans lui laisser le temps de mettre ses chaussures ou de prendre ses papiers d’identité.
Fin mai 2018, après plus d’un an de procès et de nombreux ajournements d’audiences, le tribunal militaire de Yaoundé condamne Mancho Bibixy à 15 ans de prison pour « actes de terrorisme, sécession, propagation de fausses informations, révolution, insurrection, mépris des organismes publics et des fonctionnaires et hostilité contre la patrie ».
Sa condamnation arrive en représailles à ses déclarations publiques dans une société régie par un contrôle strict de la liberté d’expression.
Le 15 août 2019, le groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies, adopte un avis concernant Mancho Bibixy (Avis n°46/2019). Sa conclusion : « la privation de liberté de Mancho Bibixy est arbitraire». Il a été arrêté sans mandat ni information sur les motifs de son arrestation. Il a été jugé devant un tribunal militaire qui ne relève pas du pouvoir judiciaire indépendant alors que le droit international interdit de telles pratiques concernant les civils. Il a été condamné sur la base d’accusations vagues et trop larges.
Le mécanisme des Nations unies appelle les autorités camerounaises à « libérer immédiatement Mancho Bibixy». En vain. Il reste incarcéré à la prison centrale de Kondengui, où il voit peu ses proches. Son état de santé se dégrade.
Le fonctionnement de la justice militaire permet au Président de la République de pouvoir ordonner, quand il le veut, des fins de procédures judiciaires et des libérations. Comme tout prisonnier d’opinion, la place de Mancho Bibixy n’est pas en prison. Mobilisons-nous pour demander sa libération auprès du Président Paul Biya !
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